Je suis fatiguée.
Pas juste “j’ai mal dormi” fatiguée.
Fatiguée dans mes os.
Fatiguée dans mon cœur.
Fatiguée dans mes cellules.
Je suis tannée de porter.
De filtrer. De faire semblant que ça va.
Tannée de cocher des cases, même dans mon temps pour moi.
Parce qu’on vit une période qui brasse.
Où tout nous pousse à revenir dans le corps.
Dans les émotions.
Dans ce qu’on a pas voulu ressentir les dernières années, les derniers mois, les dernières générations.
Le féminin est en train de crier.
Le sacré. Le doux. Le sensible.
Le trop longtemps étouffé.
Et ça monte. Fort.
Même quand t’es « celle qui guide les autres ».
Je sais.
Je suis censée “savoir quoi faire”.
Je suis censée être “celle qui gère son énergie”.
Mais j’suis humaine avant tout.
Et là, je le sens passer.
Je me sens vide et pleine en même temps.
Vide d’énergie.
Pleine de trucs qui veulent sortir.
Des morceaux d’histoires qui veulent se libérer.
Non, aujourd’hui, je ne vais pas publier pour cocher ma check list.
Je vais publier pour me déposer.
Pour dire : je traverse moi aussi.
Je doute. Je pleure. Je me débranche. Je reviens.
Je suis en train de purger ce qui n’a plus sa place.
Cela fait mal, mais ça libère.
Si toi aussi tu sens ça,
ben sache que t’es pas toute seule à craquer en dedans.
Tu veux savoir ce que je fais aujourd’hui ?
Je respire.
Pis j’arrête d’essayer d’être “comme il faut”.
Même si c’est lourd aujourd’hui…
je le sais :
ce n’est qu’un passage.
Une mue.
Un feu doux qui brûle l’ancien pour laisser entrer autre chose.
Plus vrai. Plus libre.
Je ne suis pas en train de m’éteindre.
Je suis en train de renaître.
Juste… à mon rythme.
Dans le silence.
Dans le chaos doux.


















































