Aujourd’hui, j’ai le cœur à l’envers.💔
J’ai lu encore des articles sur le système de santé… Et honnêtement, j’en reviens juste pas.
Les plus jeunes qui entrent dans le domaine partent encore plus vite que les générations d’avant.
On parle de gens qui ont choisi ce métier-là par amour, par vocation…
Mais qui finissent vidés, épuisés, désillusionnés.
J’ai lu le témoignage d’une oncologue qui expliquait que, selon les protocoles, elle avait 15 minutes pour annoncer à une personne qu’elle avait le cancer.
15 minutes.
Pour dire à un être humain que sa vie vient de basculer.
Et elle disait qu’elle n’était pas d’accord.
Qu’elle refuserait de réduire un être humain à une case dans un horaire.
Qu’à partir de maintenant, elle dépasserait ce temps-là, peu importe ce que le système dicte.
Parce que l’humain passe avant la procédure.
Et quand j’ai lu ça, je me suis demandé :
Est-ce que c’est “rebelle” de vouloir rester humain ?
Est-ce que c’est mal, de refuser de suivre un protocole quand ton cœur te dit que ce n’est pas juste ?
Est-ce qu’on est rendu à un point où il faut “défier” le système simplement pour agir avec compassion ?
Si c’est ça, alors oui.
Peut-être qu’on doit désobéir parfois…
Parce que sinon, on finit par obéir à tout, même à ce qui n’a plus de sens.
Et ça, ça m’a transpercé.
Parce que je l’ai vécu, ce système-là.
J’ai été infirmière auxiliaire.
J’avais 66 résidents à ma charge.
Et j’aidais autant mes infirmières que mes préposés, parce que pour moi, on formait une seule et même équipe soignante.
Il n’y avait pas de hiérarchie.
On était une équipe, point.
Mais un jour, ma supérieure m’a dit de laisser un résident dans sa culotte souillée jusqu’au lendemain matin.
Impensable.
Je ne l’ai pas fait, évidemment.
Mais on s’entend-tu qu’on trouvait ça “normal” ?
NON!
C’est pas normal.
C’est pas humain.
Pendant la pandémie, c’était encore pire.
Des gens enfermés dans leur chambre pendant des semaines entières, juste parce qu’un voisin de corridor était malade.
Des personnes âgées isolées, coupées du monde, oubliées.
Plus de visites.
Plus de contact.
Juste le silence.
Et toi, t’es là, tu veux aider, tu veux donner…
Mais t’as les mains liées.
Pis à force de donner dans un système vide, tu finis par t’éteindre toi aussi.
Si la structure n’était pas aussi mal foutue, j’y serais encore aujourd’hui.
Parce que j’adorais ce métier-là.
Aider, accompagner, écouter.
Pas juste physiquement.
Être là humainement.
Présente.
À l’écoute.
Offrir une main, une oreille, un regard.
C’est ça, pour moi, le vrai soin.
Pas un protocole. Pas une minuterie.
De la présence. De la lumière. De l’amour.
Aujourd’hui, tout est compartimenté, robotisé, froid.
Pis on appelle ça “soigner”.
Non.
On gère des tâches.
On coche des cases.
Pis c’est pas juste dans la santé.
C’est pareil dans l’éducation.
Ma sœur, ma belle-sœur… elles travaillent dans ce domaine-là.
Des femmes passionnées, à bout de souffle.
Des éducatrices spécialisées qui se font frapper.
Des enseignants qui ne voient plus le bout.
Et pourtant, ils restent.
Parce qu’ils aiment ce qu’ils font.
Mais le système, lui, les écrase.
Elles devraient être célébrées, pas essorées.
Je ne sais pas si c’est ma vision utopique,
mais moi, je rêve d’un retour aux petites communautés.
Des endroits où chacun a sa place.
Où chacun apporte sa lumière.
Où on s’écoute, on s’entraide, on se reconnaît.
Où la lumière humaine circule librement, pas à travers des formulaires ou des statistiques.
Aujourd’hui, tout est déconnecté.
Tout est froid.
Et ça me déchire de voir ça aller.
Cette année, pour la première fois,
je n’ai pas renouvelé mon permis d’infirmière auxiliaire.
Ça m’a brisé un peu, je ne te mentirai pas.
Mais j’ai perdu espoir que le système change… du moins, pas tout de suite.
Et tu sais, c’est rare que je ne voie pas la lumière.
Mais il y a des journées comme aujourd’hui où j’la cherche.
Où j’ai de la misère à la sentir à travers tout ça.
Pis malgré tout, quelque part en dedans,
j’ai encore espoir qu’elle revienne. ✨
Je me dis juste que si un jour, la santé s’ouvre à une approche plus humaine, plus énergétique, plus complète.
Je reviendrai.
Parce que mon cœur, lui, n’a jamais quitté ce métier.
En attendant, je fais ma part autrement.
En énergie.
En humanité.
En lumière.
Et j’espère que tous ceux et celles qui ont quitté,
finiront par rallumer, eux aussi, leur propre lumière. 💜































